Platon, l’image du tonneau percé

Schéma de synthèse

Texte central

« Socrate — Bien. Allons donc, je vais te proposer une autre image […]. En effet, regarde bien si ce que tu veux dire, quand tu parles de ces deux genres de vie, une vie d’ordre et une vie de dérèglement, ne ressemble pas à la situation suivante. Suppose qu’il y ait deux hommes qui possèdent, chacun, un grand nombre de tonneaux. Les tonneaux de l’un sont sains, remplis de vin, de miel, de lait, et cet homme a encore bien d’autres tonneaux, remplis de toutes sortes de choses. Chaque tonneau est donc plein de ces denrées liquides qui sont rares, difficiles à recueillir et qu’on n’obtient qu’au terme de maints travaux pénibles. Mais, au moins, une fois que cet homme a rempli ses tonneaux, il n’a plus à y reverser quoi que ce soit ni à s’occuper d’eux ; au contraire, quand il pense à ses tonneaux, il est tranquille. L’autre homme, quant à lui, serait aussi capable de se procurer ce genre de denrées, même si elles sont difficiles à recueillir, mais comme ses récipients sont percés et fêlés, il serait forcé de les remplir sans cesse, jour et nuit, en s’infligeant les plus pénibles peines. Alors, regarde bien, si ces deux hommes représentent chacun une manière de vivre, de laquelle des deux dis-tu qu’elle est la plus heureuse ? Est-ce la vie de l’homme déréglé ou celle de l’homme tempérant ? En te racontant cela, est-ce que je te convaincs d’admettre que la vie tempérante vaut mieux que la vie déréglée ? Est-ce que je ne te convaincs pas ? »

Platon, Gorgias, 493d-494a

Comment peut-on faire à votre avis pour ne pas vivre comme des tonneaux percés ?

2 réflexions au sujet de « Platon, l’image du tonneau percé »

  1. ” Alors, regarde bien, si ces deux hommes représentent chacun une manière de vivre, de laquelle des deux dis-tu qu’elle est la plus heureuse ? ”

    Pour ma part, la meilleure manière de vivre serai celle de l’homme qui possède des tonneaux fêlés.
    En effet, nous sommes toujours à la recherche d’un bonheur, donc si nous vivons avec des tonneaux pleins de bonne choses – autrement dit, si nous avons “atteint” notre bonheur, et avons donc pu combler nos désirs – nous ne pourront plus jouir du plaisir de recherche du bonheur.
    Si nous sommes constamment, et pour toujours, dans un état de plénitude, avons nous réellement un objectif ?

    Par contre, si nous sommes sans cesse dans l’obligation de renouveler nos désirs, donc de remplir nos tonneaux, nous profiterons de l’instant, chaque renouvellement sera un nouveau plaisirs.

    Je ne suis donc pas en accord avec l’idée de Platon, qui affirme que ” si nous vivons comme des tonneaux percés, alors le bonheur est impossible. “

  2. Votre réflexion est intéressante, et nous allons justement développer cette piste dans notre troisième partie sur la question que nous sommes en train d’étudier.
    Si vous souhaitez déjà devancer un peu ce que nous allons faire, je vous renvoie à ce commentaire sur une remarque d’un élève, qui se rapproche de ce que vous avez dit.