Descartes – 2e source prétendue de connaissance : la perception – (1) L’argument de la tromperie des sens

« Tout ce que j’ai reçu jusqu’à présent pour le plus vrai et assuré, je l’ai appris des sens, ou par les sens : or j’ai quelquefois éprouvé que ces sens étaient trompeurs, et il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés. »
Descartes, Méditations métaphysiques, I

Les sens sont parfois trompeurs…

Limites de l’argument de la tromperie des sens

1/ Le cas de l’illusion ne semble pas pouvoir être généralisé. Si notre perception est claire et distincte et si elle se fait dans un contexte ordinaire, peut-on vraiment penser que nous sommes sous le coup d’une illusion ?

« Mais, encore que les sens nous trompent quelquefois touchant les choses fort peu sensibles et fort éloignées, il s’en rencontre néanmoins beaucoup d’autres desquelles on ne peut pas raisonnablement douter, quoique nous les connaissions par leur moyen : par exemple, que je suis ici, assis auprès du feu, vêtu d’une robe de chambre, ayant ce papier entre les mains, et autres choses de cette nature. Et comment est-ce que je pourrois nier que ces mains et ce corps soient à moi ? »
Descartes, Méditations métaphysiques, I

2/ L’illusion elle-même ne nous condamne pas nécessairement à l’erreur : on peut se rendre compte qu’il s’agit d’une illusion, et du coup sortir de l’illusion ou du moins rectifier son jugement.

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