Exemple d’analyse d’une publicité par une élève de TS4

Voici une analyse d’une autre publicité Dior, qui se rapporte à un tout autre univers que celle que nous avons analysée. Il s’agit d’une analyse proposée par une élève de TS4, avec mes commentaires en rouge.

 «  Cette image, présentant une publicité pour le parfum midnight poison de Dior, cherche à susciter le désir par divers moyens.

Tout d’abord avec la personne qui se trouve au premier plan : en effet, elle a des allures de personnage de conte de fée, qui serait entre le bienfaisant et le maléfique, ce qui nous laisse perplexe et curieux. « A new Cinderella is born » : cette publicité fait bien référence au conte de fée “Cendrillon” [On pourrait ici analyser précisément la référence à “Cendrillon”, qui est l’exemple type du personnage qui se transforme et passe du côté obscur (de la servante enfermée dans ses tâches ménagères) au côté clair (de la princesse qui danse au bal). De même ici, le parfum est présenté sous son aspect magique, capable de transformer la personne qui l’utilise, mais avec plus d’ambiguïté que dans la Cendrillon classique : il s’agit bien d’une nouvelle Cendrillon, qui revendique son côté obscur (d’où l’univers sombre et la référence au poison de minuit…)].

Ses yeux, du même bleu que le parfum et que le reste de l’image, ainsi que ses lèvres très sombres, nous montrent qu’elle a pu être comme ensorcelée par ce parfum.

De plus, le fait qu’elle ne touche pas le parfum, mais qu’elle le désire en avançant sa main, comme pour le prendre, nous invite d’autant plus à le désirer nous-même. Le côté dangereux et possessif de son expression faciale nous plonge aussi dans un univers mystérieux. On peut ensuite remarquer le fond de l’image qui est indéfini, sombre et nocturne, évoquant également un monde imaginaire et magique.

On peut enfin constater le point de vue de l’image : le fait que la photo ait été prise du dessus et que cette femme regarde l’objectif avec uniquement son visage d’éclairé, et pas le reste, nous fait croire qu’elle est sorti de son univers pour nous y emmener, comme une invitation. [N’y a-t-il pas ici une évocation de l’univers des vampires ? Cette femme à la peau blanchâtre, et aux lèvres bien rouges… n’est-elle pas une sorte de vampire ? N’est-elle pas prête à nous transformer et à nous faire plonger (littéralement…) dans un univers obscur ?]

Pour conclure, on peut dire que cette publicité, qui semble remettre en question le conte de Cendrillon en mettant en avant un personnage indéfini et curieux, dans un univers sombre et mystérieux, suscite beaucoup de désir en nous questionnant sur la nature de ce monde, et en nous rendant le parfum désirable. Cette publicité nous emporte dans un autre monde. De plus, ce parfum est représenté tel un poison, quelque chose d’interdit. C’est une manière de le rendre désirable. »

TL1 – Exercice de problématisation d’un sujet

Dans le cadre du travail sur la méthodologie de la dissertation, les élèves de TL1 ont fait un exercice de problématisation du sujet : “La réflexion est-elle un obstacle au bonheur ?”. Voici un exemple d’un travail bien réussi dans l’ensemble (avec mes commentaires en rouge) :

« Le bonheur peut paraître comme une priorité dans la vie d’un homme, comme un but ultime qui apporterait plénitude et entière satisfaction. Pour atteindre le bonheur, il faudrait alors se questionner sur sa vie et son existence [j’ai légèrement modifié la formulation initiale qui était un peu maladroite]. Réfléchir serait un moyen de choisir ce qui peut nous rendre heureux, et ce qui au contraire serait un obstacle à notre bonheur. En effet, dans notre parcours vers le bonheur, nous pourrions être confrontés à différentes barrières, différents obstacles qui devraient alors être franchis [il faudrait ici montrer comment la réflexion semble permettre de franchir ces obstacles, qui eux-mêmes devraient être précisés]. Pourtant la réflexion peut aussi nous renvoyer à la mort et devenir une conscience noire de la vie : avoir sans cesse conscience de la fin de notre existence nous réduit à un état de nostalgie [“nostalgie” n’est pas le terme le plus adéquat ici]. »

(Ce travail répond de manière tout à fait satisfaisante aux exigences vues en cours : il y a bien une réponse et une contre-réponse, toutes les deux justifiées à partir d’une analyse du sujet. La formulation était parfois à revoir et l’analyse de la notion de réflexion pourrait être approfondie, mais l’intérêt de ce travail est d’avoir particulièrement bien saisi la tension interne au sujet)

Et voici le corrigé que je vous propose :

« Le bonheur semble devoir se concevoir comme un état de satisfaction complète, mais comment l’homme peut-il alors parvenir à un tel état de plénitude ? Un trait spécifique des êtres humains est la capacité qu’ils ont de penser et notamment de penser à propos d’eux-mêmes. La réflexion désigne justement cette capacité de penser à propos de soi-même, de procéder à un retour sur soi. L’homme peut alors, par la réflexion, prendre du recul par rapport à une situation, l’analyser, remettre en question ses croyances, prendre en compte toutes les informations pertinentes. La réflexion permettrait ainsi de guider la prise de décision, d’éviter les erreurs et de faire de meilleurs choix. Par conséquent, dans la mesure où le bonheur est un but que nous visons et non une donnée immédiate, la réflexion serait nécessaire pour parvenir au bonheur. Mais réfléchir c’est aussi prendre conscience de ce que nous sommes et de ce que nous ne sommes pas. Ce questionnement existentiel conduit nécessairement l’individu à prendre conscience qu’il est soumis à l’emprise du temps et que tout ce à quoi il tient est également soumis à cette emprise. En exerçant sa réflexion, l’homme prendra conscience de la fragilité du bonheur, voire du caractère illusoire de cet idéal de satisfaction complète. Devons-nous alors considérer qu’il faut s’abstenir de penser pour être heureux ? Le bonheur réside-t-il dans l’insouciance ? »

N’hésitez pas à mettre en ligne votre travail (en commentaire ci-dessous) !

 

 

Problématiser – Argumenter – Conceptualiser

Dès la première séance d’introduction à la philosophie, nous avons insisté (lourdement…) sur les 3 opérations nécessaires en philosophie : problématiser, argumenter et conceptualiser.

Ce sont ces opérations que nous allons constamment accomplir tout au long de l’année ! Pour bien saisir le sens général de ces démarches, on peut associer chacune de ces démarches à un type de question qu’il s’agit de se poser en philosophie.

  • Problématiser, c’est chercher à répondre à la question : “Est-ce si simple ?”
  • Argumenter, c’est chercher à répondre à la question : “Qu’est-ce qui permet de dire cela ?”
  • Conceptualiser, c’est chercher à répondre à la question : “Qu’est-ce que cela veut dire ?”

Vous pouvez d’ailleurs télécharger ce petit “poster”… à afficher où bon vous semble… :

Ne vous inquiétez pas si vous ne voyez pas encore bien ce que signifie problématiser, argumenter et conceptualiser, nous allons travailler tout au long de l’année ces trois opérations. Mais si vous avez déjà des questions, n’hésitez pas et postez votre commentaire ci-dessous !

 

Moteur de recherche spécialisé

Si vous êtes amené-e à faire une recherche en philosophie sur internet, je vous recommande vivement d’utiliser ce moteur de recherche consacré à la philosophie, qui ne recherche que sur des sites de qualité sélectionnés par votre professeur (la plupart sont des sites de professeurs de philosophie). Vous avez ainsi la garantie que votre recherche ne vous mènera pas vers n’importe quoi !

Vous pouvez également retrouver ce moteur de recherche dans la barre de menu en haut du site (c’est un “sous-menu” de la catégorie “Varia”). Le lien vous mène directement au moteur de recherche en question.